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Hellboy II : The Golden Army.

bouton Le 29 Avril 2009, par Braddy.
Hellboy II : The Golden Army – Guillermo Del Toro – 2008

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Hollywood est une belle et vilaine machine à broyer n’importe quel réalisateur avec une once d’originalité et de verve. Nombreux sont les exemples : Peter Jackson, après ses débuts dans le circuit indé néo-zélandais (y a t’il un circuit mainstream là-bas ?) et des films magnifiques (Brain Dead, Bad Taste) et un début de carrière américaine très très prometteuse (Créatures Célestes et le très bon Fantômes contre Fantômes) s’est vu passé à la moulinette par son adaptation assez risible du Seigneur des Anneaux et surtout par son ridicule King Kong. Alex Proya, qui signa deux chefs d’œuvres gothiques rarement égalés (The Crow et le mirifique et Lang-esque Dark City), se voit imposer Will Smith dans I-Robot et s’empêtre à tourner avec Nicolas Cage (Prédictions, au ciné). La pire déchéance de tous est sûrement celle du réalisateur le plus admiré de ces branleurs d’étudiants en ciné, Tim Burton, qui après un début pas franchement étincelant (Frankenweenie, Pee Wee’s Big Adventure), se prend d’un sursaut de génie qui illumina le milieu de sa carrière et les 90’s avec des grands Beetlejuice, Batman, Ed Wood ou encore Mars Attacks et Sleepy Hollow (avec l’erreur de parcours Edward Aux Mains d’Argent). Moulinette et sentimentalisme hollywoodien, quand tu nous tiens, voilà que l’hurluberlu à la tignasse d’argent nous sert des ignobles plats à base de singes (le raté La Planète des Singes), des larmes (l’indigeste Big Fish), du sucre (le ridicule Charlie et la Chocolaterie) et de la chansonnette (le gothique pour jeune fille de 12 ans, Sweeney Todd). Bref, plus rien de potable. Et je doute qu’un jour, on arrive à retrouver ces brillants prodiges. Le fait aussi que la source magique de ces réalisateurs se soit tarie très vite est une autre histoire. Et participe sans nul doute à leur déchéance.

Guillermo Del Toro ne me semble pas de ceux là. Le circuit indé mexicano-espagnol passé par là (Cronos, L’échine du Diable), la moulinette Hollywood par ici pour payer ses factures (Mimic, Blade II), le sympathique gros barbu s’amuse tout de même à mettre en image ses rêves d’ado. Blade II, première adaptation de comic-book de sa part, tient la route. Hellboy premier du nom, est raté. Trop condescendant, et j’en suis sûr, loin de la vision originelle de son réalisateur. Un petit coup de mou, et Del Toro retourne prendre du poil de la bête dans sa langue d’origine, qui lui a si bien rendu en début de carrière. Le gros nous gratifie d’un Labyrinthe de Pan de toute beauté. Une merveille. Un conte pour adulte, servi par de fantastiques acteurs, une belle histoire, et des effets spéciaux et des costumes à couper le souffle. Tout requinqué, le gros barbu (qui nous redore le blason des gros barbus depuis que Luc Besson et Joel Silver tuent la création originale), revient à Hollywood avec un come back de tous les diables, à la hauteur de la vision de son réalisateur, Hellboy II : The Golden Army.

Il n’est nul besoin de rappeler les lourdeurs du premier opus du démon rouge. Histoire abracadabrante, blague à deux balles, cabotinages de Ron Perlman, enfilement des situations sans aucune cohérence. Et autres idioties. Hellboy II prend justement tout l’inverse. L’histoire est faite d’un seul bloc et trouve ses origines dans une légende racontée durant l’enfance de Red : dans les temps immémoriaux, alors que les Hommes cupides et les Elfes sages se battent pour régner sur Terre, le chef des Gobelins proposent au roi des Elfes de lui construire une armée de 70 fois 70 soldats d’or, qui ne connaissent ni la faim, ni la peur, et surtout indestructibles. Face aux ravages de cette toute puissante armée, le roi des Elfes propose une trêve aux Hommes en se débarrassant de la couronne qui commande l’armée d’or, à condition que chaque race reste dans son coin. Ce qui provoque la colère et l’exil de Nouarda, le prince des Elfes. Fondu sur le titre, on retrouve le prince Nouarda dans le métro new-yorkais, classieux mais très énervé, et bien décidé à récupérer les trois pièces de la couronne super design à gros aimants, afin de reprendre les rennes d’un monde devenu fou. Par la crise sûrement. C’est là qu’intervient le gros gars en rouge, qui va essayer de stopper l’Elfe parricide un peu dingue.

Évitant donc de se disperser dans plusieurs directions, à l’image du 1 où il fallait planter les personnages principaux et mettre en scène l’histoire, l’action débute directement, les anciens personnages déjà installés, dans le cœur de l’action. Et le film est ainsi en flux tendu, si bien que, même si l’on introduit un nouveau personnage chez les gentils, le scientifique du paranormal Johann Kraus, là pour amuser la galerie comme Abe le faisait dans le premier, le rythme est toujours relativement maintenu, malgré une à deux longueurs. Un bon film d’action donc, Hellboy II l’est en toute franchise. Mais fort de sa cure de régénération espagnole (rappelons aussi qu’il est à la prod de l’excellent Orphelinat), Del Toro donne une autre dimension à son Hellboy II. Un produit moins hollywoodien que son prédécesseur et que ce qu’il aurait pu être. Un poil plus violent et effrayant qu’une bête adaptation grand public d’un comic book (les fées des dents, l’Ange de la Mort…), une histoire efficace et plein de références, un humour moins condescendant (la blague de la tumeur) et surtout une galerie de personnages et un bestiaire impressionnant, transformant le film d’action en un grand conte pour grande personne, à la manière, en moins finaude certes, du Labyrinthe de Pan. L’autre réussite du film, c’est le travail des décors dans les scènes du marché, du pays des Elfes et des scènes finales (le tout est tourné à Budapest, y compris les scènes urbaines, ce qui se voit héhéhé) et tout le bestiaire s’y trouvant à chaque fois. Les gardes corbeaux du pays des Elfes, le Roi Balor, Mr Wink, la sorcière, le marché des trolls (un petit air de Marché de Traverse de Harry Potter) et ses étranges créatures, mais surtout l’Ange de la Mort, tout droit sorti du Labyrinthe, animé par le très bon Doug Jones (que l’on retrouve aussi dans les costumes du Faune, d’Abe et du Chambellan des Elfes). Encore une fois, Del Toro préfère la voie oldschool, et va privilégier les costumes plus que le tout 3D. Bien plus efficace, bien plus réel, et bien plus beau, apportant un réel cachet qui fait d’Hellboy II, un film d’action hollywoodien loin des carcans habituels du genre.


On n’attend plus que la troisième partie de la trilogie avec The End Of The Times prévu pour 2010, pour finir la boucle, voir la prophétie de la fin du monde (qui n’est pas laissée de côté non plus dans cet épisode) se réaliser et surtout prendre encore son pied. On a hâte. Par contre, pour voir la gueule des gamins de Rouge, là, j’ai un doute.

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Commentaires.
AMX (le 03/09/2009 ) :
Euh, je trouve que dire d'Edward aux mains d'argent que c'est une erreur tout en mettant en avant Sleepy Hollow (qui n'est pas un mauvais film), c'est un peu comme attendre la sortie du Covers de Sk8ter Boy par Iron Maiden
Braddy (le 30/04/2009 ) :
Chut, c'est moi qui ai raison.
Isid (le 29/04/2009 ) :
Mwé...Je viens juste de finir le film, là, il y a à peine 10min et il est vrai que Hellboy II est quand même mieux que le premier. L’univers est plus merveilleux (car il est vrai que les nazis sado-maso n’éveillent pas franchement l’imagination de tous), l’humour à deux balles n’est pas omniprésent, et les décors … oui à la limite… MAIS ! Sans vouloir balancer trop de détails sur le scénario j’aimerai tout de même noter (âmes sensibles qui n’ont pas vu le film ne vous forcez pas à lire la suite si vous ne voulez pas être déçus…) Que le méchant elfe a tout de même un point faible majeur : qui est du genre « oh non zut alors! j’avais oublié de vous dire que je ne supportais pas l’eau !» qui est excusé par une pseudo histoire d’amour à la con et qui permet au méchant de vivre quand même durant les deux heures de film… la moulinette hollywoodienne fait des ravages…
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